Cameroun : l’ART sanctionne à nouveau des opérateurs de téléphonie

ART sanctionne les opérateurs de téléphonie mobile

Les opérateurs de téléphonie mobile sont-ils complices passifs d’une certaine délinquance au Cameroun ? L’on peut imaginer combien certains individus non identifiés par ces opérateurs ont aggravé les crises sociale et sécuritaire dans le pays. On peut citer des Fakenews, des vidéos horribles et des images retouchées sur Photoshop. Victime d’opérations virulentes de déstabilisation dans les régions d’Extrême-Nord, Est, Nord-Ouest et le Sud-Ouest, le Cameroun ne pourrait-il pas aller un peu plus loin en traînant ces multinationales en justice pour complicité passive au terrorisme sur son sol ?

En effet, le décret ministériel du 03 septembre 2019 fixe les modalités d’identification des abonnés et des terminaux, notamment en ce qui concerne la commercialisation des cartes SIM prè-activées, la commercialisation des cartes SIM dans la rue, la détention par des personnes physiques de plus de 3 cartes SIM, et l’activation des numéros sans identification préalable. Quoique ces opérations soient désormais proscrites, sur le terrain rien ne semble avoir changé. Plusieurs manquements sont relevés dans la mise en œuvre de ce décret malgré le déploiement des missions de contrôle qui ont été suivies des mises en demeures adressées à MTN, Orange et Viettel Cameroon.

3,5 milliards de FCFA pour non-respect du décret N° 2015/3759/PM du 3 septembre 2015.

Il est aussi reproché à ces opérateurs la dégradation persistante de la qualité de service des réseaux de télécommunication électronique malgré leur engagement pris à l’occasion des multiples concertations avec le ministre des postes et des télécommunications. Face à toutes ces dérives, le régulateur a frappé. Des sanctions pécuniaires viennent d’être infligées aux opérateurs : 1 milliard de FCFA pour MTN Cameroon, 1,5 milliard de FCFA pour Orange Cameroon et  1 milliard de FCFA pour VIETTEL Cameroon. En outre, des décisions de mise en demeure ont été adressées à ces derniers à l’effet de se conformer dans un délai d’un mois aux prescriptions de leur cahier de charges.

L’attribution de cartes SIM par les opérateurs de téléphonie mobile se fait en marge de la loi camerounaise sur la profession et au mépris de la sécurité. Il suffit de poser la question aux Camerounais pour se rendre compte que plusieurs abonnés affirment être propriétaires de plus de 3 cartes SIM à la fois. Mais comment cela a-t-il été possible ? Le reporter de la chaine nationale CRTV, en captant la réaction des usagers a constaté que «  la vente des cartes SIM se fait dans la rue sans identification au préalable. Il n’est pas rare de rencontrer des personnes détentrices de plus de 3 cartes alors que la loi l’interdit ».

De faits graves rapportés

En 2017, un audit réalisé par l’entreprise suédoise Cybercom Group en 2017 et présenté le 27 octobre 2017 parlait de l’insuffisance des investissements par rapport à l’accroissement du nombre des abonnés, les lacunes techniques telles que le non-respect des normes internationales et du paramétrage de certains équipements réseaux. Dans son reportage, une dame affirme avoir plus de 3 cartes identifiée avec sa même et unique Carte d’identité. Grave encore une autre affirme qu’un opérateur a refusé de lui vendre une carte parce que, dit-il, sa carte a déjà identifié dans plus de 3 cartes SIM alors qu’elle n’en possède qu’une seule officiellement. Et c’est ici que l’attention de notre service de  se mettre en alerte.

Dans ce reportage très instructif, la dame dévoile ce qui se passe en fait lorsque vous vous identifiez pour la première fois. Il paraît que les agents ou autres revendeurs habilités par ces opérateurs photocopient doublement votre carte d’identité, ou conservent le scan dans la machine pour activer leurs cartes SIM, en identifiant d’autres individus avec. Lorsqu’on aborde les opérateurs et les revendeurs des cartes SIM agréés, c’est motus cousu. On peut se demander si ces opérateurs de téléphone mobile ne peuvent être poursuivis par l’Etat du Cameroun pour complicités passives aux nombreuses extorsions de fonds, chantages, menaces, appels aux meurtres et les déclenchements à distance des charges explosives via leur réseau par des individus non identifiables par leur numéro. Sans aller jusqu’à leur demander les IP des internautes comme l’a fait il y a quelques jours l’Etat de France pour lutter contre la violence et la haine dans les réseaux sociaux. On le sait, le téléphone portable est l’outil privilégié de ces nouveaux délinquants caché derrière un smartphone ou un clavier.

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Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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