Maurice Kamto : procès renvoyé après un léger malaise de Penda Ekoka

Maurice Kamto au tribunal militaire de Yaoundé

Le procès du Pr. Maurice kamto a été renvoyé pour le 8 octobre 2019. Très attendu, après la lourde condamnation du séparatiste Ayuk Tabe. Le Tribunal Militaire était sous haute sécurité. Il y a eu audience ce vendredi au Camp de l’unité, siège du Tribunal Militaire de Yaoundé (TM). Détenu à la prison de Kondengui depuis le 28 janvier dernier, avec certains cadres de son parti, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, le MRC, le Pr. Maurice Kamto devait y répondre de plusieurs chefs d’accusation. Entre autres, d’insurrection, de rébellion, d’outrage au Président de la République, d’hostilité contre la Nation, de troubles à l’ordre public.

Il y était avec 88 coaccusés d’être des instigateurs de certaines manifestations non autorisées planifiées sur toute l’étendue du territoire dans le but de provoquer les Forces de Sécurité et de procéder à la dégradation ou à la destruction des édifices et biens publics. L’audience qui a commencé autour de 12 heures a été suspendue par le TM suite au léger malaise dont a été l’objet Monsieur Penda Ekoka. Un des accusés et ancien Conseiller technique du chef de l’Etat camerounais Paul Biya. Les débats qui devaient reprendre autour de 13 heures et 30 minutes, le temps des soins médicaux dispensés au prévenu par l’équipe médiale en place, ont vite connu un motif de renvoi. En effet, le collège d’avocats des accusés, un dizaine de personnes, s’est accroché au malaise comme motif pour demander au Colonel Abega Mbezoa, épouse Eko Eko, le renvoi du procès à une date ultérieure. Ce qui leur a été accordé de commun accord avec le Commissaire du Gouvernement, le Lieutenant-Colonel Engono Thadée.

Une libération de Maurice Kamto ?

Maurice Kamto et certains de ses lieutenants du MRC avaient été arrêtés lors d’une marche interdite à Douala, au Cameroun. Des marches « blanches » en contestation à la victoire de Paul Biya au scrutin du 8 octobre avec pour slogan « Non au Hold-up électoral ». Il faut rapidement signaler qu’au Cameroun la loi punit toute personne qui conteste la décision du Conseil constitutionnel, la seule institution habilitée à proclamer les résultats de l’élection présidentielle. Les arrêtés de cette institution sont « d’aucun recours », selon la Constitution du pays. Entre autres griefs contre les membres du MRC arrêtés, on a donc le soutien à l’auto-proclamation de Maurice Kamto comme Président de la république du Cameroun. Cela s’est passé au lendemain du jour même du vote. Et depuis, l’ordre public dans l’Etat est perturbé. Pourtant les voix s’élèvent de plus en plus pour sa libération.

Pour un certain nombre de Camerounais, ses partisans et tous ceux qui trouvent que l’accalmie peut être privilégiée, un geste pour sauver le Vivre-Ensemble que prône le Gouvernement depuis des années, il est bon que ce leader politique, arrivé second à la dernière élection présidentielle soit libéré. Parfois aussi, une application trop stricte de la loi pourrait soulever des esprits. Mais pour d’autres, les légalistes, voire des jusqu’au-boutistes, on entend des voix qui demandent d’abord sa condamnation avant un acte présidentiel qui puisse le remettre en liberté. « Pour qu’il comprenne une fois pour toute qui gouverne au Cameroun », entend-on. C’est à ces deux extrémités que se situe la température de la majorité des citoyens dans cet Etat. Si la loi est appliquée dans toute sa rigueur, l’Agrégé en Droit Maurice Kamto encours une peine lourde allant jusqu’à 20 ans de prison.

Un procès pour la grâce présidentielle ?

Mais la politique au Cameroun pourra perdre beaucoup de sa splendeur et renforcer la crainte du pouvoir, moins son respect. Certes, ce sont des faits graves qui lui sont reprochés. Ces infractions tombent sur le coup de l’Article 10 du code de Justice militaire et bien d’autres du Code pénal. L’on espère que le verdict lourd ou léger sera cassé en dernier instance par le Président Paul Biya. Ce dernier seul a parfois l’horloge de ces arrêts des procédures, ou des grâces présidentielles qui surviennent au moment où l’on s’y attend le moins.

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Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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