Édifices publics, le complexe sportif de Japoma

La « mentalité camerounaise » pousse à s’interroger sur la capacité des Camerounais à prendre soin des édifices publics en place dans le pays. Elle est jugée incivique, dénaturée, prompte à dégrader le bien public, rétrograde, voire immorale. « Maître d’œuvre public et Ingénieur de l’Etat », le MINTP semble essoufflé. L’Etat du Cameroun a grand besoin de se réparer et de paramétrer à nouveau la conscience collective à la cause nationale. Dans ses efforts à rendre ses cités belles et accueillantes, il a aussi grand besoin des polices, municipale et de maintien de l’ordre public, efficientes. Vivement que les contraventions via la vidéosurveillance soient. Toutefois, l’urgence d’un ministère dédié à la maintenance des édifices publics est signalée.

Les Camerounais d’une époque, celle d’avant la dictature des débats politiques dans les médias qui, ce jour, a su plomber leur vivre-ensemble, aimaient vanter leur pays aux autres nations. Ils prenaient même soin de la belle Afrique en miniature. Mais avec les libertés publiques conquises de haute lutte et l’entrée de nouveaux acteurs dans le business de la politique, tant du pouvoir que de l’opposition, voire du contre-pouvoir et de la société civile, les moyens pour conquérir la magistrature suprême se sont diversifiés. Les méthodes aussi. La fierté, la peur du gendarme et le respect à la chose publique s’en sont allés paître loin de la terre des Lions indomptables. Ces nouveaux acteurs politiques ayant vite fait de dégoupiller la peur au bien commun. Ils ont poussé le bouton aussi loin que possible dans la déconstruction de l’Etat et de ses institutions. Par médias interposés, Unes de journaux en témoignage, ils ont imposé au commun des citoyens la haine du régime, la grogne sociale par le tribalisme, la gabegie et le népotisme. Ils ont bien réussi. Le Cameroun est devenu le plus moche des Etats du monde, sur Facebook bien sûr. Tout classement qui lui est favorable est rapidement attaqué.

Loin des combats politiques

La réalité reste tout autre que celle diffusée dans les réseaux sociaux et dans les propagandes politiques. Sans que tout ne soit rose, ou que la corruption ait disparue dans ce pays où des failles dans la gouvernance sont criardes et où le mal être grandi chaque jour, les efforts sont faits pour que l’autosuffisance énergétique soit effective, pour que le pays se dote de stades et de complexes modernes qui le classeront dans les 4 premiers Etats africains en matière d’édifices sportifs une fois livrés. Le port en eau profonde de Kribi est le plus grand de la CEMAC. Les autoroutes Nsimalen – Yaoundé (20 km), Yaoundé – Douala (196 km) et Kribi – Lalobé (42 km) sont en gestation. Malgré les retards dans leur réalisation dus aux camerounités. Des projets pour Edéa – Kribi (92 km), Douala – Limbé (70 km),  Edéa – Bafoussam (140 km), sont sur la table du Gouvernement camerounais.

Depuis quelques temps maintenant, des images des stades, des ports, des autoroutes et des immeubles bâtis, défilent sur les réseaux sociaux. Cette semaine, ce sont des images du Complexe de Japoma, à la périphérie de la ville de Douala, qui ont fait le tour de la toile, suscitant de nombreux commentaires. Un joyau qui présente ses formes une fois qu’on a pris un peu de hauteur sur son toit couvert. Il se présente majestueux dans sa robe aux couleurs nationales, avec ses deux stades d’entraînement, sa piscine olympique dans les normes internationales et ses accès asphaltés. Quelques jours avant, c’était le stade de Yassa qui avait défilé. Un stade couvert lui aussi, qui vous gratifie d’une carte touristique de toute beauté à partir de la célèbre pénétrante Est de la ville de Douala.

Défilé des édifices publics en images

On ne pourra ici citer toutes les images qui défilent dans les réseaux sociaux, pour X ou pour Y raison car le dénombrement n’est pas le but recherché ici. Si oui, on aura tout le mois pour parler du stade omnisports Paul Biya, du nom de l’actuel Président du Cameroun. Il est situé à Olembé, à la périphérie de la capitale du Cameroun. Grand et majestueux, il accueille 80.000 places. Dans ces posts, de nombreux commentateurs ont clairement posé la question de la capacité du Cameroun à la préservation de ces acquis. La maintenance de tout cela reste problématique une fois la donnée « mentalité camerounaise » est prise en compte. Si l’on additionne l’inexistence d’un service publique chargé de la maintenance desdits édifices à cette mentalité rétrograde, le cocktail est de feu ! L’urgence d’un département dédié à la maintenance des édifices publics du Cameroun est prononcée. Un département ministériel entier et autonome pour mieux préserver les acquis.

S’il faut le redire, un tel ministère va participer à la bonne tenue des ressources financières de l’Etat, au maintien en bon état de ses réalisations publiques, au recrutement des Camerounais à la fonction publique, d’où la contribution à la diminution du chômage, à l’octroi des marchés publics aux sociétés nationales, au gain en développement et en économies diverses, etc. En lisant les Camerounais, leur soif de mieux-être ressort. L’Etat du Cameroun est en train de se doter d’infrastructures à la pointe du temps qui, pour la très grande majorité, inscrivent le Cameroun fans la liste des grandes nations Africaines. Mais si le destin de Sisyphe devrait être sien, l’émergence en 2035 restera un leurre.

Laxisme appauvrissant

Une fois de plus, nous pensons qu’il est temps, nécessaire et indiqué, que le Cameroun se dote d’un département autonome chargé de la maintenance de ses édifices publics. Ce qui aura aussi pour effet de garder la fierté nationale à travers des avoirs communs. Il est inconcevable que le premier réflexe d’un Etat en développement tel que le nôtre ne soit pas de limiter les raisons d’investir par deux fois pour le même projet et au même endroit. Parfois dans la même année, comme c’est le cas souvent avec les routes, les drains, les ponts et les logements. Comment ne pas penser, pour le cas du tourisme, par exemple monétiser les bâtisses vieilles de plus de 100 ans qui pullulent dans presque toutes les régions du pays ? Des ponts laissés par les Allemands, les accès fluviaux et leur histoire, les premières routes asphaltées au Cameroun, sont autant de ressources financières qu’ailleurs on a su faire valoir. Routes, ports, aéroports, ponts, chaussées, logis et meubles peuvent aussi remplir les caisses de l’Etat par des visites touristiques.  Il suffit de bien en prendre soins, le temps fait monter les enchères.

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Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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