Mediapart publie un article contre le grand dialogue national du Cameroun

Un article de Mediapart indexe le BIR

Mediapart a publié un article mettant en cause le Bataillon d’Intervention Rapide (BIR). Mais pas seulement, aussi, le régime en place. Ce qui peut paraître pourtant normal ne l’est pas tout au long de cet article bien écrit avec des expressions bien choisies pour leurs effets à même de radicaliser, un peu plus, ceux qui sont portés vers le dialogue et le retour à la paix. Le timing est parfait. Au Cameroun, nous sommes à la veille du Grand Dialogue National institué par le Président Paul Biya lors de son discours à la Nation au soir du 10 septembre 2019. Aussi pensons-nous qu’un article de Mediapart qui parle des exactions sur les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en ce moment ne peut être anodin.

Est-ce donc venu le temps des articles commandés sur le Cameroun ? Cette question mérite une réponse loin de toute polémique de Mediapart. Dès le chapeau de cet article, les mots et images donnent le ton de l’effet recherché. Quelques mots clés : « BIR … basses œuvres … unités spéciale … 5000 soldats … entraînée … France … pires exactions, chambres de torture secrètes … équipées et formées … France ». Tout y est pour créer le rejet des soldats d’élites camerounais. Et d’autres mots clés encore dans cette suite : « Nord du pays … l’armée nationale … de l’inamovible président Paul Biya … vieil ami de Paris depuis des décennies … ». Tout est écrit pour parler de massacre sur les populations dites « Anglophones ». Pendant que les consultations se passent sous l’égide de Chief Dion Nguté, le Premier ministre du Cameroun, l’on n’est pas surpris que certains de ceux qui appelaient à cor et à cri au dialogue soient entrain de vouloir le plomber.

Remettre la France au centre ?

Mais il faut savoir suivre le fil rouge de la déstabilisation. Quand un article dit que « Dans le sud du pays, où l’armée camerounaise réprime dans le sang la minorité anglophone », il est important de souligner la séparation dans la citoyenneté camerounaise qu’on a fait dans cette présentation des faits. Comme quoi, l’Anglophonie est une communauté, une identité hors de la nationalité Camerounaise. Si cela est vrai, qu’en sera-t-il des Bakas minoritaires des Bantous, des Mbororos minoritaires des Fangs ou des Poulos ?  En fait, cet article de Mediapart nous dit 3 ou 4 choses au moins. La France est la « complice » de Paul Biya dans la « tuerie et non dans la défense de l’intégrité nationale », qu’il est son « Sous-préfet », que les « Francophones » tuent les « Anglophones ». Mais aussi, que les séparatistes de ces régions n’ont personne qui leur fournisse des armes. Sur ce dernier point, Mediapart ne parle ni de leur équipement, ni des tueries perpétrées par ces combattants violents et sans morale.

Au contraire, ce journal nous parle des armes de l’armée nationale camerounaise acquises en France, aux Etats-Unis comme au Yemen … mais non au Royaume-Uni qui serait proche des « Anglophones ». « Selon des sources diplomatiques, Paris et Washington … forment et équipent ces unités (avec les Israéliens) », présente-t-il. Si remettre la France au centre des débats, à la veille du Grand Dialogue National est l’un des buts recherchés aussi, l’on ne peut finir sans observer la nature vicieuse et perverse de cet article de Médiapart. Son but principal est de glacer les efforts faits par les Camerounais de bonne volonté et épris de paix, qui ont décidé d’aller s’asseoir autour d’une même table pour parler de leur avenir et de celui de leur pays.

Le Mincom contre cet article de Mediapart

Le Ministère de la Communication (Mincom), par Emmanuel Réné Sadi, porte-parole du Gouvernement, s’est inscrit en faux, contre ces allégations relatives aux « exactions et autres graves atteintes aux droits de l’Homme dirigées sur des cibles civiles ». Il a démenti l’existence et l’usage supposé « des chambres de tortures secrètes, des exécutions extrajudiciaires, l’usage excessif de la force, et bien d’autres ». Mais qui a posé la norme de la défense contre des bandes armées ? Les Etats-Unis de Guantánamo ou la France qui « neutralise » tout terroriste sur son sol ? Des sécessionnistes sont armés, qu’en faire ? Pour le Mincom, « Il en est de même du rôle joué par le BIR dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où sa vocation et sa mission sont et demeurent la préservation de la sécurité des populations et de leurs biens, et la défense de l’intégrité territoriale du Cameroun, face à des séparatistes et des bandes armées sans foi ni loi, qui sèment la terreur et la désolation, et commettent des atrocités qui n’ont pas de nom ».

On avait cru Mediapart quelque peu indépendant, hélas ! Les hommes de pouvoirs finissent plus ou moins à asservir les médias. Pour tirer sur Sarkozy ou contre Strauss Khan, on a utilisé ce même journal Mediapart. C’est pour cela que nous pensons avec le Mincom Réné Sadi que : « face aux atrocités de toutes sortes commises … à l’endroit des civils sans défense et de leurs biens, à l’endroit des éléments de nos forces de défense et de sécurité, ou à celui des autorités administratives, les mêmes médias étrangers et certaines organisations dites de défense des droits de l’homme, font preuve d’un mutisme étonnant et incompréhensible ».

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Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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