ECO: la France marque un autre grand coup de maître argentier en Afrique

Vive l’ECO. Les présidents Français et Ivoirien viennent d’annoncer au monde la fin du Franc CFA. L’ECO va remplacer le Franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA) dans 8 pays de l’Afrique de l’Ouest. Ceci comme la réponse trouvée par l’ancien colon contre le sentiment anti-Français et anti CFA qui a gagné depuis quelques années déjà la jeunesse de l’Afrique de l’Ouest, voire de toutes les zones francophones du continent noir.

Ainsi donc, le maître est arrivé dans ses champs et aurait décidé à quelques heures de la fin des accords sur le Franc CFA, mais « de commun accord avec tous les Présidents de la CEDEAO », nous dit-il.  De changer le nom de la monnaie, de ne plus centraliser les comptes, ni de prendre 50 % des devises de ses anciennes colonies dans son Trésor public. De fermer définitivement le compte des opérations et de retirer ses espions qualifiés d’administrateurs français dans les Conseils d’administration de la CEDEAO. Tout est trop beau n’est-ce pas, qu’on s’est vite posé la question : ceci contre quoi ?

Pour comprendre le coup de maître que vient de jouer la France, il faut regarder du côté de ce qui n’a pas changé. La parité fixe avec l’Euro et le Garant, qui reste la France. En gros, le pays de Macron vient de se débarrasser de tout ce qui n’est plus nécessaire pour avoir la main basse sur ladite monnaie : la fabrication et la gestion directe. Elle a tenu à rester celle qui octroie la confiance à la nouvelle monnaie, celle qui répond aux affaires et aux bailleurs. Par conséquent, celle qui sera rémunérée aussi longtemps qu’elle laissera vivre l’ECO. Conclusion, ce ne sont pas les utilisateurs qui lui donneront sa valeur de monnaie.

La garantie sous l’ECO serait une menace

En clair, le jour où la Côte-d’Ivoire ou l’un des utilisateurs de l’ECO actera contre les intérêts de la France, une publication du retrait de la garantie de la France suffirait pour que hommes et femmes d’affaires, la bourse, les marchés passés prennent à l’instant un mauvais coup, ou que les emprunts gagnent en taux d’intérêts dignes de gros risques. Tout comme avec le Franc CFA. Par conséquent, sans savoir les accords encore secrets autour de cette monnaie, sans pouvoir dire clairement à l’heure actuelle ce que va y gagner les Etats de l’Afrique de l’Ouest impliqués, une chose est sûre qu’on est encore pour longtemps dans une relation malsaine entre le colon Français et le colonisé.

Le pays qui utilise cette monnaie est obligé une fois encore de danser sur les œufs. Dans son économie, ses marchés, sa politique étrangère, voire dans presque toutes ses affaires. Parce que le garant de sa monnaie peut à tout moment cesser de la valoriser aux yeux de ses partenaires industriels, économiques et internationaux. Et c’est ici que, savoir la France être celui qui fait ou défait les économies de ces pays à tout son sens. Un Grand coup de Grand maître aux échecs vient ainsi d’être effectué dans l’échiquier monétaire mondial. La France va vivre pleinement de l’ECO sans le moindre effort de sa part, sans rien investir qui ne soit de son influence auprès des bailleurs de fonds, sans plus rien contrôler dans les conseils d’administration, sans plus être présent à chaque fois à travers ses experts, peut-être même qu’elle n’aura plus à utiliser le FMI et la Banque mondiale pour jouir des fruits indirects de la monnaie des autres. Sa parole est créatrice. Sa Garantie seule suffit.

Maître et esclave ?

Elle suffit à obliger à faire des affaires avec qui elle veut et comme elle voudrait. A remplir les caisses de la France une fois que celui avec qui un pays utilisateur de l’ECO traite lui sied. Comme ce royaume que beaucoup qualifie de cheval de Troie de L’Union européenne. Imaginons encore une chose dans notre esprit tortueux, que ces pays devront verser une coquette somme en milliards d’ECO par an à la France comme une contrepartie fixe, monétaire, pour garantir cette monnaie. Une sorte de « gagnant – gagnant » ? Un marché de dupe, ce sera.

On pourrait donc voir une France en train de boire du petit lait, tandis qu’Ivoiriens, Sénégalais, Togolais, Béninois, Burkinabè, Maliens, et tous les autres co-utilisateurs de cette monnaie présents et à venir sont dans les champs à produire encore et toujours plus pour que le maître entre dans sa contrepartie, pour que vivent les Français, heureux et riches. Au détriment de pauvres Africains sans un tissu industriel véritable. Encore qu’il se dit que le passage du CFA à l’ECO ne s’est pas fait sans dévaluation. La nouvelle monnaie Ouest africaine vaudrait pour 1 euro, 1300 FCFA. Une dévaluation dont on ne parle pas trop, mais qui se fera rapidement ressentir dans la bourse de la ménagère si des mesures idoines ne sont pas appliquées contre l’inflation qui y naîtra forcément. Espérons que cela soit déjà pensé par ceux qui aujourd’hui ont  signé l’acte de mort du Franc CFA dans cette partie de l’Afrique où la naissance d’une nouvelle monnaie, la plus jeune du continent, coïncide avec celle de la nativité du prince de ce monde.

Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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