Monnaie : les accords sur le Franc CFA ont-ils pris fin ce 26 décembre ?

Monnaie Franc CFA Afrique centrale

La question est dans l’esprit des Africains qui ne veulent plus de cette monnaie coloniale. Le Franc CFA a 74 ans ! Il doit avoir pris fin ce 26 décembre 2019, selon certaines informations qui circulent dans le milieu des souverainistes camerounais et africains. Depuis des années au Cameroun, l’information se transmet de bouche à oreilles et par posts dans les réseaux sociaux. Les Camerounais ont attendu impatiemment cette date. Chacun aimerait bien avoir la suite de l’histoire. Mieux, savoir ce que le Gouvernement camerounais va annoncer sur la nouvelle politique monétaire du pays.

Au moment où l’Afrique de l’Ouest a vite fait de sauter le pas en changeant de commun accord avec la France le nom du Franc CFA en ECO, les yeux sont tournés vers l’Afrique centrale qui, lors du dernier sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement à Yaoundé, nous a plutôt semblée prudente. L’idée générale a été d’ouvrir une réflexion sur une nouvelle politique monétaire à même de garder ou d’offrir une monnaie commune aux cinq Etats de la Sous-région. Ceci alors qu’ailleurs on ne parle plus d’ouvrir des réflexions mais plutôt d’agir sur une nouvelle politique déjà mise en place, du moins par annonces. En effet, ce que gagnent les Africains de l’Ouest avec l’ECO c’est la disparition du nom FCFA, la fin de la centralisation à 50 % des devises au compte des opérations logé au Trésor public français, la fabrication de cette monnaie en Afrique et la fin de la présence des représentants de la France au sein des conseils d’administration de la BECEAO. Les inconvénients sont énormes par contre. Nous les avons énoncés dans cet article. Un désaccord avec la  France et cette monnaie perdra de sa valeur.

Sortir du prisme de cette monnaie

Nous sommes donc au matin du 26, jour où tout avait commencé il y a 74 ans. Mais aussi ce jour où pour de nombreux Africains, le malheur avait mis sur leur chemin le Franc CFA du général de Gaulle, qui avait su tourner une mauvaise expérience à son avantage. Certains parlent du Nazisme monétaire dans la mesure où c’est sous Hitler, l’homme blanc qui avait asservi et coloniser d’autres hommes blancs, que l’on a vu un Etat s’approprier des efforts d’autres peuples, notamment français. Hitler à la tête de l‘Allemagne avait colonisé la France et lui avait imposé un tribut à payer chaque année. Mais encore, avait pris le contrôle de sa monnaie. C’est exactement ce que la France de De Gaulle, une fois libérée par les Africains, a instauré dans ses colonies et dans les pays sous-tutelle tels que le Cameroun et le Togo par des accords qui néantisent la souveraineté de ces jeunes Etats.

Le Franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA) a réussi en 74 ans à ne développer aucun pays. Ce n’était pas son rôle ni son objectif. Des pays ont quitté cette farce monétaire sans aller mal. L’Algérie est l’une des 5 économies les plus puissantes d’Afrique, le Royaume du Maroc investit presque partout en Afrique subsaharienne, le Laos, le Vietnam, la Mauritanie, le Rwanda, la Guinée Conakry, etc. ont les manettes de leur politique monétaire en mains. Par conséquent, ils peuvent actionner les deux leviers indispensables pour faire tourner l’économie : la planche à billets et le budget.

Le Cameroun doit jouer son rôle

A présent, tous les regards sont tournés vers les chefs d’Etat de la CEMAC. Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale demandait à ses paires lors du dernier sommet de la CEMAC à Yaoundé, de quitter « les maîtres » de cette monnaie esclavagiste. Le Président Paul Biya à qui l’on reconnaît une diplomatie souterraine à nulle autre pareille avait opté pour une prudence dans le départ. Avec Mouammar Kadhafi, il avait longtemps prévu de créer une banque centrale à Yaoundé pour toute l’Afrique, on sait la fin du Guide libyen et les persécutions dont est victime le Cameroun depuis lors. Cependant, sommes-nous encore à l’heure d’une prudence qui pourrait remettre les cartes entre les mains de nos exploitants, d’où qu’ils viennent ? Il se dit que sans cor ni cri Le Cameroun aurait repris sa souveraineté militaire d’entre les mains françaises en 2009 en ne reconduisant pas les accords de défense.

On vient de voir un grand pan du port de Douala-Bonabéri revenir sous le contrôle du Cameroun après 15 années de concession du Terminal à conteneurs. Ceci, malgré de grosses pressions déployées par la France pour son champion Bolloré. Le Cameroun petit à petit est entrain de nationaliser ses entreprises de souveraineté. Camwater a pris la place de la CDE dans la production et la distribution de l’eau potable, Sonatrel a repris la production et la distribution de l’électricité à Eneo, Tradex est entré dans le marché de la production du pétrole et du Gaz et est dans la distribution à l’international. On espère l’avènement d’une nouvelle monnaie au Cameroun et non pas un simple changement de nom comme cela se voit avec l’ECO.

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Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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