Douala Grand Mall : le Cameroun se dote d’un nouveau comptoir colonial français

Douala Grand Mall

L’arrivée du Douala Grand Mall inquiète les Camerounais. Pourtant le plus grand espace commercial de l’Afrique centrale. Ce qui inquiète les Camerounais n’est pas sa grandeur et son prestige irréfutable, mais beaucoup plus l’identité de ceux qui se cacheraient derrière le Camerounais Mathurin Kamdem, promoteur dudit projet. Pourquoi les Européens investissent-ils autant de milliards dans un Cameroun que certains disent en faillite ? Grâce auxs APE, ils montent des sortes de comptoirs coloniaux modernes pour vendre leurs produits, et non des industries de transformation. les APE commencent à montrer leur vrai visage de recolonisation.

Petit à petit la France est en train de prendre des parts visibles dans la grande distribution dans le pays des supermarchés nationaux « Dovv » ou autre Santa Lucia. Le Grand Mall fait déjà jaser sur la toile, non pas seulement sur sa beauté et se modernité, mais beaucoup plus par l’origine des fonds qui ont rendu possible sa présence dans le pays. Projet d’un Camerounais garanti par l’Etat du Cameroun, les fonds sont français, issu du C2D, du Britannique Actis et de la CFAO qui est le propriétaire des Boutique Carrefour. Ce qui ne surprend personne de voir la 4ème boutique de Carrefour s’ouvrir dans ce grand espace commercial qu’est le Douala Grand Mall qui ressemble de plus en plus à un grand comptoir colonial français des temps modernes car qui apporte de l’argent définit la politique commercial des lieux, quoiqu’on en pense. Les Français ne sont pas des enfants de cœur, les pratiques coloniales très vicieuses dont ils sont auteurs au Cameroun le démontrent à suffisance depuis plus de 70 ans.

Le Douala Grand Mall des APE

On pourrait s’arrêter aux réjouissances offertes par la réalisation du projet d’un compatriote, mais le réalisme demande de s’interroger sur ce qu’on y vend, mais surtout qui sera le vrai propriétaire de ce qui y sera vendu. Il ne suffit pas d’y vendre le plantain ou les fèves de cacao pour conclure que le propriétaire de tels produits est Camerounais, car on le sait bien, les plus gros vendeurs de bananes et d’ananas et de chocolat du Cameroun sont étrangers : Français et Suisses. Alors la question est simple : Pourquoi investissent-ils autant de milliards au Cameroun, dans un pays que leurs médias traitent de pays au bout du rouleau ? Pourquoi ne montent-ils pas d’entreprises de transformation dans ce pays mais plutôt des comptoirs coloniaux modernes pour vendre leurs produits ? Tout ceci est à lier avec les Accords de Partenariat Economiques (APE) avec l’union européenne. En fait, l’économie du Cameroun est de plus en plus phagocytée par les capitalistes et la finance mondiale entre les mains étrangères. La France ne crée pas d’industrie au Cameroun, elle met juste en place des entreprises qui lui permettent de puiser le plus d’argent possible sans aucune possibilité de développement pour le  pays.

Aux Camerounais de prendre à présent la mesure de la menace et de passer à la petite échoppe vers de vraies industries de 2nde et troixième transformation de nos produits nationaux, de nos matières premières afin d’en faire des rivaux de ces échopes à la solde de produits étrangers. Ceci devrait passer par des contrats qui obligerait les multinationales et investisseurs étrangers à vendre un bon quota de nos produits camerounais. Lorsqu’on parle de produits camerounais, on ne dit pas des produits au Cameroun, mais des produits de producteurs locaux.

Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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