Classement Passeports africains

Comme rappelé dans notre article sur la puissance du passeport de l’île Maurice dans le classement 2020, devons-nous parler de puissance des passeports africains alors qu’il est établi que les possibilités qu’offrent la quasi-totalité des titres de voyages délivrés sur le continent africain sont celles que leur confèrent ceux qui ont établi à dessein le système des visas dans le monde, comme moyen de soumission et de contrôle des déplacements des citoyens des pays très peuplés d’Afrique, supposés une menace pour les Occidentaux sur les terres européennes ?




Un tel classement nous offre la possibilité de comprendre que ce n’est ni la puissance économique ni la puissance diplomatique d’un pays africain qui lui offre des destinations mais bien plutôt des critères qui font de lui une moindre menace géographique et géopolitique. Tout le contraire de ce qui est dans le classement des passeports d’autres pays du monde.

logique  du classement ?

La théorie du grand remplacement a été émise par des extrémistes occidentaux selon qui la population d’Afrique, parce que plus nombreuse que celle d’Europe, va un jour engloutir cette dernière et la faire disparaître si l’entrée des migrants venant d’Afrique n’est pas stoppée ou du moins surveillée. Devrons-nous continuer à jouer ce jeu imposé par des impérialistes et des membres de l’extrême droite dont les règles ont été édictées sans les Africains, sans une grande partie du monde, et plusieurs fois changées sans leur avis, créant une classe mondiale de privilégiés qui sont les seuls à parcourir le monde et à s’installer librement où ils le désirent ? Saviez-vous qu’une bonne frange de la population européenne et américaine n’a jamais entendu parler de Visa, qu’elle ne sait même pas ce que c’est et n’est non plus au courant que certaines populations de ce monde, et ceci peu importe le titre et la profession, peu importe l’épaisseur du compte bancaire, sont interdites de voyager sans l’aval des pays dits développés ?




Ces citoyens des pays occidentaux ont simplement l’impression que voyager coûte cher aux Africains. Du moins, c’est ce dont les ont fait croire leurs politiciens. Et ils finissent par se convaincre que c’est la raison première qui empêche les Africains de prendre un moyen de transport beaucoup plus sûr comme un avion ou un bateau, obligés de marcher de ville en ville, s’adonnant aux petits métiers en chemin pour économiser, jusqu’à tenter une aventure périlleuse en traversant la mer au risque de se retrouver dans le ventre d’un gros poisson.

Visas intra-africains

On pourrait tout aussi croire que le mimétisme faisant, des pays africains ont imité les « maîtres » européens en fixant des visas d’entrée entre Etats du continent. Que non ! Ces dispositions leur ont été imposés aux uns, suggérées à d’autres et ont fait l’objet d’années de lobbying pour tous. Certes, les Africains n’étaient pas obligés d’accepter cet état de chose entre eux. Mais que pouvaient des sous-préfets français, anglais ou américains à la tête des pays africains aux premières années d’après les indépendances ? Les hommes politiques et les influenceurs politiques occidentaux ont même à ce jour passés des contrats avec certains pays du Sud d’Europe (Espagne, Italie, Grèce, et du Nord d’Afrique (Libye, Mauritanie, Maroc, Tunisie, Algérie et ont négocié avec le Tchad, le Mali) pour faire de la zone sahélo saharienne la première frontière presque infranchissable par des noirs en aventure vers l’Europe.




Les passeports africains ne sont pas puissants comme on veut nous le faire croire. Il ne s’agit pas ici de puissance mais d’assimilation dans le système mondial mis en place après les indépendances. Si un pays du continent africain présente un pourcentage élevé de remplacement de sa population d’origine par européens, américains, asiatiques et autres Australiens, hommes d’affaires blancs à la solde des intérêts contraires du continent noir, vous constaterez qu’il a un bon rang dans le classement que donne chaque année Henley Passport Index.

Classés selon la théorie du grand remplacement

C’est ainsi qu’on a le top 10 de l’année 2021 composé de Seychelles, Maurice, Afrique du Sud qui sont les seuls à dépasser 100 destinations et sont aussi des pays où 80% de la population autochtone (le cas du 1er et de son second) étant déjà presque remplacées par des « touristes » et autres hommes d’affaires (plus de 60% des tenants des affaires dans le cas des 3) installés dans ces plages de rêve.




Viennent directement à la suite de ce trio : Botswana (seulement 2 410 533 d’habitants au 30 septembre 2021 selon les Nations Unis. Economie supportée à 50% par l’extraction des mines de diamant aux mains des Anglais, européens et Américains formant plus de 80% des femmes et hommes d’affaires du pays) ; Namibie (moins de 2,7 millions d’hbts, selon le site de Countrymeters) ; Lesotho (moins de 2,150 millions d’hbts selon Worldometer) ; Eswatini (moins d’1,160 million d’hbts selon le site de Countrymeters en 2021). Des populations peu nombreuses dont on encourage l’établissement ailleurs contre la terre riche de leur pays et qui croient avoir un visa puissant alors que ce dernier est destiné aux « nationaux » qui roulent les affaires du pays et qui sont à majorité d’origine étrangère.

Mauvais classement du Nigéria

Une fois arrivé au Malawi avec ses 19 millions d’habitants, la puissance du passeport se met à chuter, Kenya plus de 53 millions d’habitants, Tanzanie avec 60 millions de citoyens, vont de 86 à 72 destinations. Dans ce classement, le Cameroun avec ses 30 millions d’habitants (19ème en IDH sur 54) et son économie contrôlée à majorité par ses citoyens vient à la 43ème place avec 50 destinations seulement.




Le Nigéria, première puissance économique du continent avec 220 millions d’habitants et dont l’économie est bâtie dans sa grande majorité par une population de plusieurs générations originaire du nigériane (Golfe de Guinée) se retrouve avec un passeport à la 47ème place africaine sur 54 avec 46 destinations seulement, la RDC avec ses 90 millions d’habitants est à la 50ème place avec 43 destinations, l’Ethiopie 48ème  pour 45 destinations avec ses 90 millions d’habitants. Devant ces derniers aux classements, on a le Bénin (21ème avec 62 destinations), le Togo (31ème avec 55 destinations), le Tchad (33ème avec 54 destinations), le Mali (33ème avec 54 destination). Incroyable n’est-ce pas ? Mais vrai. Ce sont à majorité des pays pauvres avec de grandes richesses et plus de 70% des pans de l’économie contrôlés par les Occidentaux. En somme, la puissance des passeports africains semble obéir au nombre d’habitants et au dynamisme économique d’un pays.

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Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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