Mali : Assimi Goïta met CEDEAO et France dans l’impasse géostratégique

Assimi Goïta CEDEAO UEMOA MALI

Depuis l’arrivée au pouvoir par la force du Colonel Assimi Goïta, les tensions entre le Mali et ses voisins marionnettes de la France n’ont pas arrêtées de s’additionner. La tête du nouvel homme fort du pays des Aigles et du FAMA ne plaît apparemment pas à la France et ses valets locaux. Exogènes et endogènes, les pressions affluent de partout dans le but d’obliger le pouvoir en place d’aller à l’élection aussi vite que possible. Mais les conditions sociopolitiques au Mali ne sont pas bonnes pour une élection d’un tel niveau, rétorquent les nouvelles autorités. Pour les contraindre de force à y aller, la France va activer le CEDEAO ET L’UEMOA avec une feuille de route dont les objectifs sont clairs : priver le Mali de toutes possibilités de réussir dans sa transition. un peu comme elle avait fait en Côte d’ivoire en 2010; en validant un embargo sur les médicaments.




Officiellement, les contraintes telles que la fermeture des frontières terrestres et aériennes, la suspension de toutes les transactions commerciales et financières (avec quelques exceptions) et la suspension de l’aide financière, en plus des sanctions individuelles du 12 décembre, mises sur pied par la CEDEAO vise à ramener le Mali vers les élections dans les délais d’une transition de 15 mois qui avait été annoncé les premiers jours du coup de force. Seulement, nous savons qu’officieusement se joue une bataille féroce de positionnement, d’influence et de communication entre l’ancienne puissance coloniale qu’est la France et la Russie alliée de certains pays du continentbdans.la lutte anti-impérialiste, et notamment le Mali. Plus encore, avec l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, il y a plus d’une décennie, l’Europe, les États-Unis et leur bloc commun OTAN, ont vu ressurgir au moment où ils avaient déjà crié victoire, de nouvelles tensions ramenant le monde dans la guerre froide. Voici un peu ce que l’on peut dire à première vue sur la crise qui prend pied au Mali avec implication des organisations sous régionales.

Plus loin avec la CEDEAO

Concrètement, de quoi s’agit-il une fois qu’on a quitté les belles phrases ? Nous sommes en plein dans la lutte pour la maîtrise du Sahel via le Mali et la CEDEAO,* Le Mali est un État de plus d’une million de km2, regorgeant d’immenses richesses minières, du soleil et des matériaux rares pour le fonctionnement des ordinateurs, avions, smartphones, etc. Bref de tout ce qui fait tourner actuellement le monde moderne. Nous entrons par conséquent directement dans la première lutte de recolonisation de l’Afrique.  Pour le comprendre, prière de considérer à sa juste mesure que mardi dernier, 11 janvier 2022, la France a tenté de réunir sans succès le Conseil de Sécurité de l’ONU autour du sujet de l’élection qui ne vient pas au Mali, après avoir instrumentalisé les instances sous régionales Ouest africaines,  pour obtenir à l’international la légitimation de ses actions futures. Le cas de la Libye et de la Syrie sont encore fraiches dans nos mémoires et de celle des Russes et Chinois.




C’est pour cela aussi que Russie et Chine ont voté contre. Deux pays ayant le droit de veto à l’ONU et qui sont des alliés reconnus de l’actuel pouvoir malien. Les paramilitaires Russes sont au Mali, officiellement depuis quelques semaines. Comme en Centrafrique, il sont venus faire le job que la France s’est refusé de faire depuis presque 100 ans en Afrique. Et plus récemment après 8 ans de Barkhane au Mali : pacifier les territoires et chasser les terroristes et calmer les séparatistes. Du coup, la France qui se pavanait en maîtresse des lieux dans ces 2 territoires en proie à des crises sociopolitiques aiguës, se retrouve exclue du jour au lendemain des affaires du Mali. (Lire leur départ des bases militaires) D’où tout le jeu de la France, avec des armes qu’elle a pour revenir dans le jeu avec vue sur les enjeux de cette guerre froide qui dépasse le cadre du seul mali ou Centrafrique ,puisqu’on peut en faire tout un livre jusqu’au golfe de Guinée. Pour comprendre la suite de ce jeu autour des enjeux et en apprendre encore plus, lisez cet article. Articles sur la crise au Mali.

Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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