CAMEROUNÉDITORIAL

Enseignants en grève au Cameroun et ministres en carence managériale

Grève des enseignants au Cameroun

La grève des enseignants pour s’interroger sur la gestion administrative de l’Éducation nationale au Cameroun. Ne sommes-nous pas face à une carence managériale des départements ministériels concernés ? Analyses dans cet article. Depuis 3 semaines le Cameroun essuie une grève de ses enseignants d’une proportion qui est vite devenue nationale. Alors que certains responsables de l’éducation publique pensaient à un feu de paille qui sera très vite éteint, ils se sont retrouvés face à la détermination des soldats de la craie à entrer dans leurs droits et à vivre mieux qu’une vie de boy.




Avec stupeur, les Camerounais ont découvert qu’il y a des éducateurs de leurs enfants qui dispensent des cours depuis des années sans toucher 5 Fcfa. Incroyable  n’est-ce pas ? Mais vrai au Cameroun. Ce qui m’intéresse dans cet article n’est pas de revenir sur cette actualité pour son seul intérêt informatique mais plutôt analyser l’existence même de la grève des enseignants sous le prisme de la gestion administrative et politique du secteur de l’éducation nationale.

Sur la situation des enseignants

Demander la démission des ministres concernés reste une incongruité pour notre pays où la culture de la démission après faute professionnelle n’existe pas. Mieux, a été ôtée intentionnellement des mentalités. La situation que vivent les soldats de la craie actuellement au Cameroun existe parce que quelque part quelqu’un ou une suite de gens n’a pas fait son travail, ou l’a fait autrement que pour le bien de l’enseignant.




Si oui, comment comprendre les nouvelles mesures que vient de prendre le Président de la République ? Revient-il au chef de l’Etat de mettre par exemple en place un moyen de décongestionnement et stabilisation des carrières dans l’Éducation nationale alors que les textes sont claires et obéissent à ceux en vigueur dans le recrutement à la fonction publique ? (LIRE AUSSI : Éducation : est-il judicieux de faire un saut de classe à un élève ?)

Des ministres défaillants

Et qui est là pour signaler au gouvernement de Dion Nguté que le voyant dans ce secteur est passé au rouge et qu’il faut réagir avec que cela ne se déverse dans la rue ? Le Président Paul Biya « demande au ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative de systématiser la constitution des dossiers d’intégration des enseignants avant la fin de leur formation ».




Pour nous dire qu’en place depuis des années, ce ministre n’a pas pu le penser et l’implémenter par lui-même dans le souci d’une gestion administrative. Et demander la poursuite d’un « dialogue » entre le ministre en charge de l’Éducation nationale et les syndicats des enseignants pour des « solutions durables » n’est-ce pas l’aveu que ce ministre n’y est depuis que pour administrer l’urgence ? (LIRE AUSSI : Éducation : la scolarité de l’enfant ne repose-t-elle que sur son papa ?)

Justice et responsabilité

Gouverner c’est prévoir. L’information structure la gestion stratégique de la cité. En fait qui a ourdi contre la nation le complot de faire travailler les Camerounais sortis de grandes écoles au noir, dans leur propres pays, en se donnant le droit de se servir à leur place dans les salaires en toute impunité ?




Pour une bonne gestion de la cité et des départements ministériels concernés, des responsables doivent se retrouver face à une enquête du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe),  répondre devant la représentation nationale (AN), et même plus loin au Tribunal Criminel Spécial (TCS). Parce qu’une enquête administrative et criminelle de cette situation aboutirait à la mort de nombreux enseignants des suites de paupérisation systématique, de manques de moyens face à la maladie et que sais-je encore ? (LIRE AUSSI : Cameroun : Paul Biya signe le décret portant création des universités d’État).

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