Alex Nguepi : le devoir de questionner le leadership dans le MRC

Alex Nguepi a été exclu du parti dirigé par Maurice Kamto. Le Comité national de médiation et d’arbitrage du MRC a décidé de l’exclusion définitive des rangs du parti plusieurs militants, dont Alex Nguepi. Selon certaines indiscrétions, son esprit progressiste menace les plans de ceux qui se sont assis à la tête du MRC pour une ère Ad Vitam Eternam. Officiellement, sa faute est d’avoir déclaré dans une émission télévisée que « le MRC n’appartient pas à Maurice Kamto », l’actuel président de ce parti. Mais la vérité semble être ailleurs, une fois que l’on sait comment est né le MRC. (Lire aussi : Cameroun : Ndoki Michèle oblige Kamto Maurice à donner l’exemple d’alternance dans le MRC).




Le Comité national de médiation et d’arbitrage du parti qui l’a exclut était composée de T’abima Johnson, Jiogue Grégoire, Oko Apolinaire, Okala Ebode et Hamadou Ben Papa. Ce qu’Alex Nguepi demande au leader de son parti, c’est d’accepter avoir fait des choix hasardeux qui ont mis le parti en difficulté. Notamment le refus en 2020 d’aller aux législatives et aux municipales. On a vu en ces temps critiques du jeu démocratique du pays, le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun décider que le parti n’ira pas aux élections. Pour Alex Nguepi, les partis politiques de l’opposition « prônent la dictature à l’intérieur du parti et vendent la démocratie aux Camerounais. Nous voulons changer le MRC de l’intérieur.  » Déclare-t-il ce 7 août sur club d’élite de Vision 4. (LIRE AUSSI : [[

Alex Nguepi signe et persiste

Il va même plus loin en parlant de « dictature », de la confiscation du pouvoir par les promoteurs des partis d’opposition. Sur son exclusion, il dit n’avoir « point été notifié de la décision d’exclusion apparemment signée par le Président du Parti et les membres de la Commission, qui circule pourtant sur les réseaux« . Ainsi, il nous renseigne au moins sur une chose : ceux qui attaquent le parti au pouvoir avec le narratif « dirigé par Paul Biya sans partage depuis 1982 », ne se gênent nullement de refaire le même système de « parti unique et d’opinion unique » au sein de leurs propres partis. Selon l’estampille marquée sur Alex Nguepi, il serait le chef de file des contestataires. Pour être clair, il est un trouble fête. Mais Alex Nguepi déclare ne pas compter quitter son parti politique. (LIRE AUSSI : Le MRC : un parti victime du culte de la personnalité de son président ?).




Il dit y être par idéologie et non pour un homme, fut-il celui qu’il admire. Pour plusieurs observateurs, les dissensions au sein de ce parti politique ont émergé publiquement à partir de la déclaration de Maître Michèle Ndoki de challenger le Professeur Maurice Kamto à la tête du MRC. Une pilule qui semble ne pas passer au sein des caciques de ce parti qui ont choisi leur éternel « élu ». Les voix dissonances émergent de l’exécutif du MRC dont les membres se basent, semble-t-il, sur des motifs fallacieux dans le but de mettre en difficulté ou de se séparer de tous ceux qui inquiètent son pouvoir, ou encore la sérénité du parti. Hier ce fut Charlemagne Messanga Nyamding qui était exclu dans le RDPC parce qu’il se permettait beaucoup de libertés sur les plateaux de télévision. (LIRE AUSSI : Exclusion du Pr. Messanga Nyamding : Pr. Jean Bahebeck traite le RDPC de parti nazi).

De la dictature dans l’opposition

Dans son esprit d’analyste politique, de technicien géopolitique et de professeur d’université, il a choisi sa franchise académique à la suivie moutonnière de la discipline du parti. Mais le RDPC est une broyeuse, tant des opposants d’autres partis que de ses propres démons. C’est aussi ce qui arrivent à présent dans le parti dirigé par le Professeur Maurice Kamto, qui semble avoir beaucoup appris du RDPC et de monsieur Biya.. Mais si Alex Nguepi avait raison de vouloir, avec d’autres membres, changer les choses à partir du MRC ? Et si Alex Nguepi n’a pas tout dit des habitudes et ni dévoilé d’autres fantômes des placards du MRC ? Les jours suivants nous en diront peut-être plus. Mais il faut signaler pour finir que l’opposition au sein d’un parti politique est une réalité aussi vieille que l’existence des partis politiques et des associations dans le monde.




Il est plutôt intéressant de se pencher sur la déclarations de Nguepi demandant au leader du MRC d’assumer ses responsabilités. Il pointe à demi mots le responsable de l’emprisonnement des militants du parti dans les prisons camerounaises après que ce « responsable » ait lancé une « marche blanche » interdite par le pouvoir, malgré son étiquette pacifiste en période de paix précaire.. Il demande pourquoi le Président du MRC refuse d’assumer la responsabilité de l’échec du parti suite à sa demande de boycott en 2020 des élections municipales et législatives. Ce qui a aboutit à des démissions en cascade. Et a eu surtout le mérite d’exiger la déception de plus d’un membre de ce parti. (LIRE AUSSI : Le MRC est dans la rue à la veille des élections de 2019).

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