Burkina Faso : Sandaogo Damiba viré pour insuffisances dans l’engagement panafricain

Lieutenant Colonel Sandaogo Damiba Paul Henri

Sandaogo Damiba a été viré ce 30 septembre 2022 de la tête de l’Etat Burkinabé par les militaires. Nouveau putsch dans le putsch au Burkina Faso. 8 mois après son arrivée à la tête du Burkina Faso, le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba est mis à l’écart par ceux avec qui il avait pris le pouvoir le matin du 31 janvier 2022. Selon le groupe du Capitaine Ibrahim Traoré, la cause de sa mise à l’écart par ses frères d’armes est son rapprochement avec la France. Mais également son hésitation à couper le cordon qui lie son pays à la métropole et son incapacité à restaurer l’intégrité du territoire du pays des Hommes intègres. (LIRE AUSSI : Sandaogo Damiba chez Assimi Goïta : choisir Macron ou Poutine).




Pour beaucoup d’observateurs, Damiba a montré plus d’une fois les signes d’incertitude quant à la continuation de la lutte d’émancipation des peuples noirs qui se célèbre partout en Afrique avec Thomas Sankara comme l’une des figures emblématiques. Le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba avançait masqué, sans toutefois donner l’assurance d’écouter son peuple. Certains parlent même d’un homme qui petit à petit avait commencé à tirer la couverture de son côté. (LIRE AUSSI : Burkina Faso : Compaoré, Françafrique, terrorisme et Damiba).

Des signes de la traîtrise

Il y a encore quelques semaines, il était au Mali et en Côte d’ivoire, puis à l’Assemblée générale de l’ONU à New-York où contre toute attente il a été présenté comme Président du Burkina Faso. Un Putschiste ! Pourtant on le sait, qu’il est difficile de s’exprimer à l’ONU après avoir renversé un président démocratiquement élu. Pour en prendre la teneur, il est le seul responsable d’un coup d’Etat dans la Zone du Sahel à s’y être rendu. (LIRE AUSSI : Sandaogo Damiba déclaré Président de la République du Burkina Faso).




Les Colonels Doumbouya de la Guinée Conakry et Goïta du Mali n’y ont pas fait le déplacement. C’est aussi depuis ces premières sorties de Damiba que le jeu a commencé à devenir clair pour ceux de son camp et pour les panafricanistes. En 8 mois au sommet de l’Etat, nul ne peut dire un signe panafricaniste posé par ce dernier. Aucune rupture avec l’ordre ancien, ni restructuration contre la présence française et aucune amélioration dans la sécurisation du territoire Burkinabè. (LIRE AUSSI : Mali : Assimi Goïta met CEDEAO et France dans l’impasse géostratégique).

Double « Je » de Sandaogo Damiba

Pourtant à l’ONU il est celui qui a dit « Si dans l’absolu le mouvement du 24 janvier dernier est illégal, et peut-être répréhensible au regard des principes chers aux Nations Unies et à la communauté internationale dans son ensemble, nous pensons que cette interruption de l’ordre constitutionnel, au regard de ce qui prévalait, était nécessaire et indispensable ». On est donc en droit de se demander à quo a serv ison coup d’Etat.




Actuellement, le Burkina Faso vit sous : « la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée législative de transition. La Constitution est suspendue, les frontières sont fermées à partir de minuit, un couvre-feu est instauré de 21h à 6h, et toutes les activités politiques sont suspendues. » C’est à quoi l’on aboutit lorsqu’on ne veut pas être clair dans ses engagements, lorsqu’on a encore dans son mental le complexe de colonisé. On avait cru un instant que sa rencontre avec Assimi Goïta lui aurait fait comprendre les enjeux de sa situation d’Africain. Mais que Nenni !

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