Grande ditribution au Cameroun

La distribution du « Made in Cameroon » n’est pas toujours celle de la « propriété du Cameroun ». Super U, Carrefour, Wal-Mart, Sparks, et le marché chinois à Akwa, etc., des grandes surfaces se multiplient au Cameroun et dans les villes de Douala et Yaoundé principalement, au mépris de tout ce qui se dit contre l’économie de ce pays. Pourquoi toutes ces multinationales se donnent-elles rendez-vous dans un pays dont l’économie, selon certains, est exsangue ?

La Cameroun est la locomotive de l’Afrique centrale, la seconde économie de la CEEAC après l’Angola. Sur trois ou quatre fronts depuis plus de 5 ans, Boko Haram dans l’Extrême-Nord, une crise politique qui s’enlise au Nord-Ouest et Sud-Ouest, et sa frontière Est attaquée de temps à autre, il serait un bon candidat à l’immersion vers les bas-fonds du classement des économies africaines. Le plus dur pour cet Etat serait sûrement ses multiples crises sociopolitiques nées dans les officines étrangères et installées dans les esprits de ses politiciens et avocats. Mais au lieu de suivre cette logique de décroissance, le cabinet américain Moody’s juge que son économie est résilience pour la 3è année consécutive, l’une des plus stables de la grande région subsaharienne de l’Afrique. Un tour dans les rues de Douala, le poumon économique du Cameroun nous le prouve bien. De la douche où la Chine a élu domicile avec ses enseignes qui quadrillent une bonne partie de Akwa Bonadibong à l’ancienne Dalip où la firme française Carrefour a inauguré le 16 septembre 2020, son 2è supermarché de la ville d’une surface de vente de 700 m² en attendant celui du Grand mall de 2000 m2 toujours dans la cité économique, on peut dire sans risque de nous tromper que la bataille pour la maîtrise de la grande distribution est lancée au Cameroun.

La distribution du produit camerounais est-il en danger ?

La France par CFAO Retail qui est le promoteur des magasins Carrefour compte bien regagner des parts de marché dans la grande distribution, dans un pays qui à présent lui tourne le dos. Elle compte même installer 6 magasins d’ici fin 2021 pour un montant global de plus de 80 milliards de FCFA entre Douala et Yaoundé, selon Luc Demez, Directeur général de CFAO Retail au Cameroun. Oui, de ce Cameroun à qui certains revêtent des discours dont les Occidentaux habillent les économies africaines, la vérité est que son économie est plutôt très dynamique et pourvoyeuse de beaucoup de dividendes et de plus-value. Et c’est ce que viennent chercher ces propriétaires de nouveaux comptoirs coloniaux, qui se sont crus intelligents d’imposer les APE en amont, afin de récupérer par le bas tout le jus de la croissance des pays frères-ennemis qu’ils tentent d’étouffer.

Le complot réussira, si rien n’est fait contre cette invasion qui se fait de manière latente mais pourtant violente. Elles s’installent, l’une après l’autre. Certes, le Cameroun a ses champions qui ont vite fait d’occuper le terrain de la grande distribution en concurrence plus ou moins loyale contre Libanais, Turques, et autres Asiatiques qui, pour la plupart, se révèlent au fil du temps, n’être malheureusement que de petits détaillants de gros calibres de l’Union européenne et de la fabrique chinoise. On a les enseignes DOVV par exemple qui mènent la bataille dure pour la promotion du « Made in Cameroon ». Pas du tout suffisant ni évident face aux habitudes de consommateurs plutôt friands de ce qui n’est pas produit au pays.

La question à 1000 Francs CFA

Le Gouvernement de l’Etat du Cameroun aurait depuis plus d’une décennie retardé l’installation de ces mastodontes. Il voulait des garanties. Quand on sait que l’enseigne française s’installe avec dans le contrat une distribution de 90 % du « Made in Cameroon » contre 10 % des produits étrangers. On comprend facilement que le souci de protéger ses producteurs a été mis à l’ordre du jour des tractations. Mais ceci peut être contourné, voire a déjà commencé à être contourné, dans la mesure où la distribution du « Made in Cameroon », du « Fabriqué au Cameroun » n’est pas la distribution du produit de la « propriété du Cameroun ». Ces hommes d’affaires ont vite trouvé l’astuce en s’achetant des hectares de surfaces cultivables pour leur usines et leur champs, d’y mettre quelques têtes camerounaises, afin de tirer tranquillement des ficelles à l’arrière-boutique. Qui ne comprend pas dès lors qu’avec près de 2,5 milliards d’habitants à l’horizon 2050, la consommation en Afrique représente le marché du futur ?

S’il est vrai que le Cameroun est une curiosité planétaire, cette curiosité devrait cesser une fois que nous sommes dans des domaines aussi techniques et mathématiques que sont l’économie et le commerce, avec des perspectives plutôt rassurantes, une fois que l’on a cessé de se couvrir du voile des publications bidon sur l’économie vert rouge et jaune dans les réseaux sociaux. Il suffit juste de se poser de vraies questions : Pourquoi nous disent-ils que notre économie va mal et s’empressent-ils d’y investir leurs milliards ? Peut-être parce que leur vérité n’est pas la nôtre. Mieux, n’en est pas une.

Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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