Négociations : Etat du Cameroun et séparatistes. Un deep fakenews ?

Négociations, Emmanuel Sadi

Dis-moi qui mène la danse sur le terrain et je te dirais qui demande les négociations. Un deep fakenews bien entretenu depuis la diaspora réussit depuis quelques jours à prendre la place du vrai débat au Cameroun. Dans une note lancée sur la toile, l’un des chefs séparatistes nous apprend avoir été contacté par le Gouvernement camerounais pour la résolution du conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ce qu’il ne dit pas, c’est que le combat est perdu sur le terrain, les organismes internationaux ont tourné le dos à leur lutte, le COVID-19 a concentré les capitaux ailleurs, les frontières sont fermées. Petit à petit, les fonds venant de la diaspora se sont très amoindris.

Au finish, la lutte ne peut plus tenir faute du nerf de la guerre et de ravitaillement. Chanceux ou stratège, le Gouvernement du Cameroun a su jouer avec toutes les contingences pour rétablir la paix dans ses territoires en crise. Les dirigeants de l’Etat du Cameroun, en réponse donnée à ces allégations, par son ministre de la communication le lundi, 6 juin 2020, porte-parole du Gouvernement, a informé l’opinion nationale et internationale, qu’il n’en est rien. En fait, il pourrait s’agir ici d’une méthode bien connue de la préparation ou du sondage de l’opinion sur une telle éventualité. On ne dit pas que le Gouvernement ait fermé les portes du dialogue dans la mesure où depuis les premiers jours de cette crise, il a toujours demandé de s’assoir autour d’une table. Et même, on a vu le pouvoir en place instaurer un climat de discussion qui ne s’est attiédi que depuis le jour où le point sur le fédéralisme a été posé sur la table des négociations par la partie adverse.

Négociations pour une paix de brave ?

Si nous interrogeons les forces en présence, comme on dit au quartier au Cameroun : « il n’y a pas match ». En Côte d’ivoire cela se dit : « en face, c’est maïs ». Pour cela pouvons-nous poser que s’il y a demandeur de négociations à présent, 4 ans après les premières descentes dans les rues de Bamenda, ce ne peut venir que des leaders séparatistes. En effet, ceux qui ont pris les armes contre l’Etat du Cameroun, contre la République et contre des Camerounais se rendent enfin compte qu’il n’est pas possible d’arracher une partie de territoire de ce pays à ses fils. Pour le comprendre, il suffit de lire les conditions de négociations publiées par eux.

Le point sur la séparation a été oublié, pourtant un préalable avant toute approche depuis le début de la crise. Sûrement l’usure de la guerre, le chaos lent qui y est né, l’abandon des supports au sein des organismes internationaux, la déstabilisation de leurs propres villes et villages d’origine pour ceux qui sont « Camerounais » sont contre leur ambition. Connu pour toute guerre, le nerf c’est le financement, les capitaux à côté de la ressource humaine. C’est vers cet état de choses que l’on doit comprendre les fakenews qui circulent depuis quelques temps sur une possible négociation en cours entre le pouvoir camerounais et les séparatistes. Un sondage de l’opinion camerounais soit par les séparatistes, soit par le Gouvernement lui-même.

Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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