Elimbi Lobè : et si ses positions politiques étaient la raison cachée de l’agression ?

Elimbi Lobè

Elimbi Lobè est un homme politique camerounais couru par les médias depuis plus d’une décennie. Sa notoriété publique a plafonné depuis la dernière élection présidentielle du 7 octobre 2018 qui a vu l’homme politique confesser tout son soutien aux institutions républicaines et son engagement à lutter contre des pratiques anticonstitutionnelles dont sont passés maîtres les nouveaux de l’arène politique nationale. Il a été agressé ce 15 novembre 2020 alors qu’il attendait un taxi devant sa demeure de Bonapriso, dans la ville de Douala. Simple agression ou tentative de faire taire un acteur politique gênant ? La question est dans tous les esprits.

Sur les plateaux des médias, muni de sa bible, on le voit à chaque fois rappeler aux uns et aux autres ne pas avoir mandat de parler au nom du peuple, de demander le respect des institutions et faire des explications très détaillées sur le nouveau Code des Collectivités Territoriales Décentralisées (CCTD) du 24 décembre 2019, et précisément en son devenu célèbre Article 246. Les positions de Elimbi Lobè lui ont valu d’être traité de « fingon », de traitre par le camp des opposants politiques au régime en place dont les pratiques demandent qu’une fois opposant de Monsieur Biya, le Président actuel du Cameroun, l’on passa par la délation, le mensonge, d’éternels insatisfactions et la politique de l’émotionnel. Plusieurs fois dans les médias, il a parlé de menaces et de mise à l’écart par les autres membres de l’opposition. Au plus fort de la crise politique qui secoue encore le pays, il fait partie de ceux qui dénoncent une certaine « mauvaise opposition » qui refuse de s’unir contre un seul homme et aligne depuis 38 ans défaite sur défaite.

Elimbi Lobè dérange

Il faut noter que depuis un peu plus de 7 ans, le climat politique camerounais est gangréné par beaucoup de violence dans les mots, les expressions, du viol psychologique et par les actes mêmes de menaces à l’intégrité physique des citoyens. D’aucuns pensent que l’arrivée au pouvoir d’une certaine classe de politiciens est venue envenimer les empoignades qui hier encore faisaient office de simples débats sur ce qui concerne tous les Camerounais. On a vu des hommes politiques sans moralité germer dans la société et obliger au retour à la pensée unique. Les nouveaux médias, et principalement Facebook, témoignent ce jour de leur génie à vouloir à tous les prix y renvoyer tout le monde. Une sorte d’obsession à l’obscurantisme qui présente de la bonne lumière pour offrir le mal naissant de l’obscurité comme un arbre cacherait toute une forêt.

Elimbi Lobè devait se rendre à un débat politique dans une chaîne de télévision à Yaoundé. Il est agressé devant le chez lui autour de 4 heures du matin alors qu’il attendait un taxi qui allait le mener à l’agence de voyage. Il sera poignardé à plusieurs reprises et recevra une balle à la jambe. Le cas de ce combattant pour l’institution d’une république des lois et de l’ordre interpelle plus d’un ce jour au Cameroun. Les acteurs politiques et les hommes et femmes de médias seraient des persona non grata de cette classe politique à la pensée unique, celle qui forme des intolérants depuis quelques temps sur « la tombe où dorment nos pères ». En vérité, les goûts, les couleurs et les opinions ne se discutent pas. Plus est encore dans un espace qui se veut démocratique, pluriel et de tolérance comme en savent créer les espaces médiatiques et de discussions.

Stopper la dérive

Si donner son opinion, supporter son camp avec ses arguments, sans insultes, arrivent à la violence physique, alors disons-le sans ambages que les Camerounais ont touché le fond et sont bien loin de sortir du tourbillon dans lequel les ont plongé cupides et ambitieux de tous bords. Les agressions sur les hommes politiques doivent être condamnées avec toute l’énergie que mérite la gravité de l’acte. Oui, cet acte est grave dans la continuité de l’acceptation de l’autre dans la société camerounaise. Ce qui vient de se passer risque de créer un précédent si la tolérance s’y installe. La justice légale et le Gouvernement de la République sont une fois encore mis au défi. Rendre justice à la victime et mettre fin à de telles dérives est une nécessité, le gage d’une continuité d’un vivre ensemble, voire d’une acceptation consciente de vivre à côté les des autres.

Pour certains, lorsqu’on parle d’assassinat politique, c’est celui qui détient le monopole de la violence légitime qui peut seul en être auteur. Cependant loin de pareille lecture périphérique de ce phénomène, il faut savoir que les victimes se retrouvent parfois dans les deux camps : opposition et pouvoir en place. Lorsque cela vient du côté illégitime, alors l’autorité de l’Etat est remise en question par ceux qui pensent que le pouvoir en place n’est ni légitime, ni plus n’est légale. L’agression d’un habitué aux débats du dimanche est un signe révélateur du niveau d’intolérance qu’ont atteint certains dans l’arène politique, et surtout de l’importante bataille politique qui s’est mise en place sous d’innocents attitudes dans le jeu politique en crise au Cameroun, et où seul le maître du Songho’o qu’est le Président Paul Biya semble être celui qui possède la bonne main des éléments sur le terrain. Bon rétablissement à Monsieur Elimbi Lobè.

Simon Ngaka

Directeur de la Publication de Saimondy, Journaliste à l'hebdomadaire "ça presse", Analyste géopolitique, Écrivain, Ingénieur de son, Auteur - Compositeur et Producteur de musique. Simon Ngaka est aussi webmaster. En 2009, il met sur pied le groupe des sites de communication Saimondy (.com, .net, .org. et acheteraucameroun.com). Téléphone : +237 - 699340064 / Email: saimondy@gmail.com

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